Aronde voiture : histoire, versions et guide d’achat de la Simca Aronde

L’Aronde voiture est une production de Simca, fabriquée en France de 1951 à 1964. Son nom vient de l’ancien français : « aronde » signifie hirondelle, symbole historique de la marque. Cette berline familiale est la première grande Simca véritablement inédite, construite autour d’une carrosserie monocoque moderne pour l’époque. Vendue à plus d’un million d’exemplaires, elle est aujourd’hui une voiture de collection attachante, encore accessible à l’achat pour qui sait quoi vérifier.
La Simca Aronde, première vraie Simca française
Avant l’Aronde, Simca (Société Industrielle de Mécanique et de Carrosserie Automobile) produisait essentiellement des versions françaises de Fiat. L’Aronde marque une rupture : c’est un modèle conçu en propre, avec une carrosserie dessinée à Paris, une architecture monocoque moderne et un moteur maison. Elle incarne l’ambition d’une marque qui veut s’imposer face à Renault et Citroën sur le marché de la familiale populaire.
À sa sortie en 1951, la Simca Aronde séduit par son style américanisé, ses lignes fluides et son habitabilité correcte pour une familiale de son époque. Elle devient rapidement un succès commercial majeur et reste, pendant toute la décennie 1950, l’une des voitures françaises les plus vendues. Simca gagne en crédibilité industrielle, s’affranchit progressivement de sa dépendance à Fiat et construit une identité de marque propre autour de ce modèle emblématique. Son histoire se divise en trois grandes générations, chacune apportant des évolutions mécaniques et stylistiques significatives.
Les trois générations de la voiture Simca Aronde
La Simca 9 Aronde, lancée en 1951, est la première génération. Elle reçoit un moteur de 1 221 cm³ développant environ 45 ch, suffisant pour une familiale de l’époque. Sa ligne s’inspire des berlines américaines avec un pavillon haut et des ailes bien dessinées. Elle pose les bases d’un modèle qui va évoluer régulièrement.
L’Aronde 1300, également connue sous la référence 90A, arrive en 1955 et représente la maturité du modèle. Le moteur gagne en cylindrée, les finitions s’améliorent, et la gamme s’enrichit avec des carrosseries inédites. C’est sur cette génération que les versions les plus séduisantes apparaissent.
L’Aronde P60, ou Simca P60, lancée en 1958, est la dernière et la plus moderne des Aronde. Sa carrosserie est entièrement redessinée avec des lignes plus basses et plus tendues, conformes aux goûts de la fin des années 1950. Elle reste en production jusqu’en 1964, avant d’être remplacée par la Simca 1300. C’est la génération la plus courante sur le marché de la collection aujourd’hui.
Carrosseries et versions : une gamme étonnamment diversifiée
La voiture Simca Aronde n’existe pas en une seule forme. Simca a décliné le modèle en de nombreuses carrosseries, ce qui est rare pour une berline populaire de l’époque.
La berline à quatre portes est la version la plus répandue. Le break Châtelaine est apprécié pour son volume utile et sa silhouette élégante. Le Grand Large est un coach à deux portes au toit panoramique, techniquement ambitieux. Le Plein Ciel est un coupé deux portes à la ligne sportive très réussie. L’Océane, quant à elle, est un cabriolet produit en petite série, aujourd’hui parmi les plus recherchés des collectionneurs. Des versions utilitaires ont également existé, comme des fourgonnettes et châssis-cabines à usage professionnel.
Tableau des principales versions Simca Aronde
| Version | Période | Particularité | Intérêt collection |
|---|---|---|---|
| Simca 9 Aronde (berline) | 1951–1955 | Première génération, ligne haute | Historique, pièces rares |
| Aronde 1300 / 90A | 1955–1958 | Moteur plus puissant, gamme élargie | Bon compromis disponibilité/prix |
| Aronde P60 (berline) | 1958–1964 | Carrosserie moderne, la plus répandue | Entrée accessible en collection |
| Plein Ciel / Océane | 1956–1962 | Coupé et cabriolet, série limitée | Côte élevée, très recherchés |
Moteurs Flash et Rush : ce qui fait tourner l’Aronde
Deux familles de moteurs ont équipé la voiture ancienne française qu’est l’Aronde. Le moteur Flash est le premier bloc maison de Simca, un quatre cylindres en fonte de 1 221 cm³, qui évolue progressivement en puissance tout au long de la production. Il est connu pour sa robustesse et sa simplicité d’entretien.
Le moteur Rush, apparu ensuite, porte la cylindrée à 1 290 cm³ et développe davantage de puissance selon les variantes. Sa version la plus sportive, le Rush Super, équipe les finitions haut de gamme et certaines versions coupé. Ce bloc permet des performances honorables pour l’époque, avec une souplesse appréciée sur route. Ces moteurs sont aujourd’hui bien documentés et les mécaniciens spécialisés en voitures anciennes les connaissent bien, ce qui facilite l’entretien courant.
Cote Simca Aronde : combien vaut-elle aujourd’hui ?
La cote Simca Aronde est l’une des plus accessibles parmi les voitures de collection françaises des années 1950. Une berline P60 en état moyen à reprendre peut se trouver entre 2 000 et 5 000 €. Un exemplaire en bon état de marche et de présentation se négocie entre 6 000 et 12 000 €. Une berline soigneusement restaurée peut dépasser 15 000 €.
Les versions rares font exception. Un Plein Ciel ou une Océane en bel état atteignent régulièrement 20 000 à 35 000 €, voire davantage pour les exemplaires d’exception. La Châtelaine break et le Grand Large se négocient dans une fourchette intermédiaire, souvent entre 8 000 et 18 000 € selon la restauration.
La carte grise collection (véhicule de plus de 30 ans, CNIT obtenu) est un avantage concret : contrôle technique allégé, assurance souvent plus avantageuse et fiscalité différente. C’est un point à vérifier lors de tout achat Simca Aronde.
Ce qu’il faut vérifier avant d’acheter une Simca Aronde 🔎
L’achat Simca Aronde demande une inspection rigoureuse. La principale menace sur ces voitures est la corrosion. Les carrosseries monocoques de l’époque n’ont pas bénéficié de traitements anticorrosion modernes, et des décennies de vie ont laissé des traces sur la quasi-totalité des exemplaires survivants.
Les zones à inspecter en priorité : bas de caisse, planchers (à vérifier à l’intérieur et par-dessous), passages de roues avant et arrière, longerons, bas de montants de portes et soubassements. Une perceuse ou un simple coup de tournevis révèle souvent une rouille structurelle cachée sous une couche de mastic ou de peinture fraîche. Un plancher effondré ou des longerons rongés représentent un chantier de restauration lourd et coûteux.
L’état de restauration est également déterminant. Une restauration récente et bien documentée (photos, factures d’atelier) est un gage de sécurité. Une restauration ancienne dont on ne sait rien peut dissimuler des reprises approximatives.
La disponibilité des pièces est globalement satisfaisante pour les éléments mécaniques courants, grâce aux clubs Simca et aux spécialistes en pièces détachées anciennes. Certaines pièces de carrosserie spécifiques aux versions rares (Océane, Plein Ciel) sont en revanche difficiles à trouver et onéreuses. Il vaut mieux acheter un exemplaire déjà complet que de chercher à reconstituer une version rare à partir d’une épave.
L’électricité est un point classique sur toutes les voitures de cette époque : faisceau électrique vieilli, connexions oxydées, éclairage aléatoire. Un refaisceau complet représente un investissement mais peut s’avérer nécessaire sur les exemplaires non remis à niveau.
L’essai routier reste indispensable, à froid et à chaud : montée en température du moteur, comportement des freins (tambours aux quatre roues), fonctionnement de la boîte à quatre vitesses, étanchéité générale.
Simca Aronde : voiture de collection accessible, à condition d’acheter avec les yeux ouverts
La Simca Aronde est une voiture ancienne française au charme authentique, portée par une histoire industrielle forte et une communauté de passionnés actifs. Elle représente l’une des entrées les plus abordables dans le monde de la collection automobile française des années 1950, avec une mécanique simple, une documentation abondante et des clubs ressources.
Son principal ennemi reste la rouille. Acheter une Aronde sans inspection sérieuse de la structure, c’est prendre le risque de financer un chantier bien plus lourd que prévu. Il est toujours préférable de faire appel à un expert en voitures anciennes ou à un membre d’un club Simca pour accompagner la visite d’un exemplaire pressenti. En revanche, un exemplaire sain ou correctement restauré offre un plaisir de conduite véritable, une facilité d’entretien réelle et une valeur patrimoniale qui ne se dément pas. Pour un premier achat de voiture ancienne française, l’Aronde reste une porte d’entrée pertinente dans l’univers de la collection.
